House M.D. saison 6 : redresser la barre

La fin de la saison 5, très médiocre, montrait une absence d’évolution chez son personnage principal : rien ne s’était produit avec Cuddy, House était toujours le même junkie irascible, et en plus, il avait des hallucinations. Heureusement, le season premiere de cette saison 6 redresse la barre de façon spectaculaire. De ma mémoire, peu de séries ont su se réinventer si bien en laissant de côté leurs ingrédients habituels dans un épisode d’ouverture exempt de défaut.

Le premières images montrent House en phase de sevrage sur fond de « No Surprises » de Radiohead et,  une fois cette phase de perdition derrière lui, on retrouve le même House, épris de liberté, machiavélique, qui considère toute aide comme une aliénation. Prévisible de sa part, on n’en attendait pas moins de le voir manipuler son monde, se mettre tour à tour les patients et les docteurs à dos.

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La série rompt avec ses 5 saisons précédentes dans le fait que House ne s’en tirera pas simplement en étant le plus fort et en ratatinant ses semblables. Nolan, le directeur de l’hôpital auquel il croit s’opposer, rappelle d’autres personnes intelligentes qui avaient cherché à atteindre House comme Vogler (saison 1) ou Tritter (saison 3). Ces deux derniers s’étaient plantés lamentablement car ils ne cessaient de rivaliser avec le docteur et tombaient ainsi dans son escarcelle, House sortant toujours vainqueur des conflits directs.

Ici, Nolan n’est pas sur un egotrip où il espère doubler House. Il veut l’aider, mais il sait très bien que la volonté de changer ne peut venir que de lui. Lorsque House continue son petit jeu où il conçoit le monde contre lui et s’évertue à le remettre à sa place grâce à ses déductions, il ne se rend pas vraiment service.

Dans cet épisode, le psychoblabla a été revu à la baisse pour aller à l’essentiel : House est misérable, il ne peut plus continuer à vivre comme il est, il voudrait aller mieux. Il réalisera cela lorsqu’un patient frôlera la mort à cause de ses obsessions. On le verra alors se soucier progressivement des personnes qui l’entourent, prendre des anti-dépresseurs, souffrir par attachement, se livrer à Nolan, et repartir heureux pour la première fois depuis plusieurs années. Le tout sincèrement, sans un retour à la case départ qui vient gâcher toute évolution, devenu une mauvaise habitude des scénaristes depuis la saison 4.bscap0010

Ces derniers sont parvenus en 1h30 à renouveler l’intérêt de la série, sérieusement atteint depuis la saison 4. L’épisode, malgré sa longue durée, est savamment dosé : pas de déviations inutiles, il n’est question que de House. Les scénaristes ont du développer des efforts surhumains pour accompagner l’évolution d’un personnage aussi monolithique. Heureusement, Hugh Laurie est toujours aussi convaincant dans son interprétation, et il est bien entouré par toutes ces nouvelles têtes (dont Franka Potente, la coureuse de Lola rennt) qui lui donnent la réplique, dont la caractérisation et les jeux d’acteur sont si convaincants qu’on souhaiterait presque qu’ils remplacent les nullités de l’équipe de House. Le nouveau cadre, dont je me plaignais qu’il changeait si peu dans la série, sied magnifiquement aux changements subtils qui s’opèrent.

Ainsi, House a réussi à évoluer sans perdre de son tranchant, maintenant il reste à voir si ce bonheur retrouvé sera soutenu et l’impact qu’il aura sur ses congénères. Il faut espérer que la série ne retombe pas dans la routine pesante de ces dernières saisons, mais ce season premiere est plus que prometteur pour la suite.